L'art du cadeau

Elle est venue avec son cadeau. Jour J. Presque heure pile.
Et nous n'avons pas su.
Pas su si elle l'offrait comme un don à l'autre, ou si elle l'offrait pour qu'on la regarde. Pas su si c'était un cadeau à soi que l'on offre à l'autre pour qu'il pense à vous ou si c'était un cadeau à l'autre parce qu'on a pensé à lui. Et à soi. Quelle vague a emporté l'autre ?
L'art du cadeau est un art difficile, surtout lorsque l'on créé le cadeau.
On y met tant de soi, que l'on veut, exige parfois, que celui qui reçoit reçoive aussi, voire surtout, ce qu'il y au-delà du cadeau, ce qui d'une certaine manière n'est pas dans le cadeau et l'enveloppe tout entier.
L'art du cadeau, de ces cadeaux-là n'est pas consumérisme.
Ils prennent du temps. Ils demandent du temps.
Et ils échapppent au temps.
Ce cadeau-là clame un hier qui est en quelque sorte revenu dans le maintenant, par la magie du temps passé à préparer, à y penser. Il prend soudain une place, irruption volontaire, histoire de faire d'aujourd'hui un encore, sans trop oser se demander ce qu'il sera demain. Ce serait effectivement trop demander.
L'échelle du temps, ce temps-là, ce temps du coeur, ce temps des mots et des regards, ce temps des pensées, n'a pas de durée, il est au-delà de la durée, intemporel, pas forcément éternel.

Poésie

« On appelle vacances les voyages d’agrément d’au moins quatre nuits hors du domicile. »
INSEE

Additif, toujours selon l'INSEE

Selon l'Organisation mondiale du tourisme (OMT), on appelle vacances, depuis 1995, l'ensemble des déplacements d'agrément comportant au moins quatre nuits consécutives hors du domicile. Sont exclus des vacances : les déplacements professionnels ; les voyages d'études ; les séjours motivés par la maladie ou le décès d'un proche ; les séjours de santé dans des établissements spécialisés, les courts séjours d'agrément (deux ou trois nuitées) et les week-ends réguliers.

Cette définition, que l'on retrouve dans les enquêtes de même type dans l'ensemble des pays de la communauté européenne, exclut les week-ends. Elle ne recouvre pas la notion courante de tourisme. Elle est à la fois plus large, en comprenant tous les séjours dans les familles ou les endroits non touristiques et plus étroite, puisque le tourisme d'affaires n'est pas étudié. Elle diffère de la notion utilisée jusqu'en 1994 dans les enquêtes de l'Insee, où l'on entendait par "vacances" les déplacements comportant au moins 4 journées consécutives hors du domicile effectués pour des motifs autres que professionnel, d'étude ou de santé.

Trente balais entre les oreilles

Etonnant, quand on y pense. Le walkman a 30 ans.
Sony lançait le 1er juillet 1979 sur le marché japonais un petit dispositif de lecture à cassette couplé à des écouteurs et baptisé Walkman. Le concept avait été imaginé par Akio Morita, patron de Sony à l'époque et qui, grand fan de golf, souhaitait pouvoir écouter de la musique sur les greens.
Après quelques mois de développement, les ingénieurs Sony donnaient naissance au premier appareil nomade du monde. Et dix ans après son lancement, le Walkman s'était déjà vendu à 50 millions d'exemplaires à travers le monde. La bestiole a connu un succès planétaire. Quand c'est arrivé, même si j'aimais pas ces machins dans mes oreilles, ce truc avait quelque chose de fascinant.

Une chite moisson

Le vrai passage a lieu au milieu. Quelque sens que la nage décide, le sol gît à des dizaines ou centaines de mètres sous le ventre ou des kilomètres derrière et devant. Voici le voyageur seul. Il faut traverser pour apprendre la solitude. Elle se reconnaît à l'évanouissement des références.
Michel Serres (Le Tiers-Instruit)

Le dragueur est le cousin du mendiant, il répond comme lui au principe de l'espérance statistique : il s'attache aux nombres, jamais aux personnes. Sur dix femmes qu'il aborde, une au moins, il le sait, consentira à prendre un café avec lui. Et sur dix qui boiront en sa compagnie, ce serait bien le diable si une ou deux, de guerre lasse, n'acceptait d'aller plus loin. Il ne séduit pas, il harcèle, emporte la place à la fatigue.
Pascal Bruckner (Les Voleurs de beauté)

La beauté, voilà un vrai mystère, bien plus intéressant que celui de l'âme.
Christian Bobin (Le Très-Bas)

Qu'il est long de s'arracher à l'infantilisme (non l'enfance), aux troubles adolescents (non l'adolescence) : aussi long que de se découvrir soi-même, d'adhérer à ses élans véritables, de les libérer (et voilà dans quel sens le vieillir rejoint le rajeunir).
Edgar Morin (Le vif du sujet)

Oreilles en fleur

Depuis quelques semaines, c'est pas mal plongée à la maison. Oreilles en fleur. C'est parti d'une compile-cadeau-mémoire. Ca s'est poursuivi par un pot pourri de morceaux suite à une naissance, puis à une autre. Des engagements bloguesques. Du rangement. Et la préparation de l'été. J'en profite pour vous signaler quelques coups de coeur.
Côté chanson française, je suis très séduit par un dénommé Batlik. Belle voix, beaux textes, gratte sèche. Tout pour plaire. Il y a un blog consacré au bonhomme. On peut le découvrir ici.
Via madame, côté chant et "grande musique" [je le mets toujours entre guillemets parce que d'autres musiques sont grandes elles aussi...], me rendant compte après coup que c'était aussi dans le film Home, j'ai découvert le Cum Dederit et la cantatrice Sandrine Piau. C'est la vidéo ci-dessous.
Côté rock et folk, trois trucs qui me causent bien à l'oreille. Blue october d'un côté, Fink de l'autre et la petite Izia, soeur de Arthur H, fille de Jacques H, assez épatante elle qui est née au son de ce qui est dit doit être fait. Sans oublier le dernier Placebo, d'excellente facture.
Côté world et jazz, Cheick Tidiane Seck, Rodrigo y Gabriela et Lonely Drifter Karen, c'est du bon !

Hésitez pas à faire partager les vôtres du moment !


Changer de vie, contre les siens

J'ai regardé l'autre soir une émission "culturelle" [ainsi est-elle classée par France 2] consacrée à des gens qui ont changé de vie. Ou qui rêvent de le faire. La caméra s'attache à leurs basques, les suit au long cours, et l'on "pénètre" ainsi dans des aventures hors du commun. Le décorum est casse-burne, passons par exemple sur la "mousse" journalistique qui appuie parfois un peu trop sur les boutons de la dramaturgie, mais le fond est bon. Aussi venons-en à ce qui a retenu mon attention.
1. L'extraordinaire volonté de ces femmes et de ces hommes qui soulèvent des montagnes. Il se trouve qu'ici, leurs montagnes, c'étaient eux. Ou leurs vies. Ou plutôt, leurs vies d'avant, que pour des raisons X et Y ils ont un jour décidé de laisser derrière eux. On sent qu'ils n'ont en réalité pas le choix. Quoi qu'on en pense et dise. Fascinants parcours que ceux empruntés par les uns et les autres pour parvenir à leurs fins. D'écueils en embuches. D'embuches en écueils. Ou plutôt à leurs débuts. Car dans le changement de vie comme dans la vie, le tout de suite la suite est de rigueur.
2. L'extraordinaire "poids" que représentent les entourages de ces hommes et de ces femmes. Curieusement, alors que l'on s'attend à sentir vachement de solidarité et de soutien du côté des parents, frangins, oncles, tantes, amis, collègues, on voit débouler des freins, des tensions, des découragements. Certes, les "choix" sont parfois difficiles. Carrément dingos pour certains et taines. Mais ça frite dur et si ce point 2 renforce sans doute le point 1, force est de reconnaître que si aimer c'est s'inquiéter, s'inquiéter n'est pas forcément aimer.

Seigneur d'acier

Masai

Ombre




Il a juste haussé les épaules
Comme si c'était son meilleur rôle
Et lui a dit casse-toi de mon ombre
Tu fous du soleil sur mes pompes
Elle s'en va
HF Thiéfaine - Rock Joyeux.

Contribution au défi photo. Mot de la semaine : ombre.

Le barbecue

Dans la série ça me fait rire, une copine m'a passé par mail le contenu suivant :
La saison des barbecues va bientôt commencer ! A cet effet, il est de bon ton de se rappeler la procédure habituelle de cette cuisine estivale.
Le barbecue :
C'est dans cette activité qu'on reconnaît les talents de cuisine d'un homme, un vrai. Dès qu'un
homme se porte volontaire pour faire ce type de cuisine, la chaîne d'évènements suivante est
actionnée :
L'HOMME
1. L'homme sort le barbecue et le charbon de bois.
LA FEMME
2. La femme nettoie la grille. 3. La femme va à l'épicerie. 4. La femme va chez le boucher. 5. La femme va chez le pâtissier. 6. La femme prépare la salade et les légumes. 7. La femme prépare la viande pour la cuisson 8. La femme la place sur un plateau avec les ustensiles nécessaires, les épices et les herbes. 9. La femme apporte la grille propre et le plateau à l'homme qui est étendu à côté du barbecue en train de prendre une bière. 10. L'homme place la viande sur la grille. 11. La femme va à l'intérieur mettre la table. 12. La femme vérifie la cuisson des légumes. 13. La femme prépare le dessert. 14. La femme revient à l'extérieur pour dire à son mari que la viande est en train de brûler. 15. L'homme enlève la viande trop cuite de sur la grille et l'apporte à la femme. 16. La femme prépare les assiettes et les apporte sur la table.
17. L'homme sert à boire. 18. La femme dessert la table et prépare le café. 19. La femme sert le café et le dessert 20. Après le repas, la femme range la table et la nappe. 21. La femme fait la vaisselle et range la cuisine. 22. L'homme laisse le barbecue en place car il y a encore des braises. 23. L'homme demande à la femme si elle a apprécié de ne pas faire la cuisine aujourd’hui. 24. Et devant son air dubitatif, l'homme conclut que les femmes ne sont jamais satisfaites.

Collier de fleur

Je trouve qu'elle est rigolote, la période fin juin - début juillet.
Enfin, vue sous l'angle des vacances qui approchent et des destinations de chacun qui se précisent. Moins sous l'angle de il est temps que les vacances arrivent, évidemment ;-)
Il y a quelques semaines, certains avaient déjà tout calibré, d'autres cogitaient, d'autres encore laissaient venir. Désormais, les projets des uns et des autres se finalisent et c'est assez sympa en vérité que d'en causer. Déjà, ça voyage dans les oreilles, et lorsque l'on connaît les endroits, ceux où l'on est allé soi-même trainer ses guêtres, ça voyage aussi dans les yeux avec des paysages qui reviennent, des anecdotes qui fleurissent.
Corse, Ardèche, Gorges du Verdon, Vercors, Quiberon, Dordogne, Mâcon, Agde.
On dirait un joli collier de fleur qu'on se met autour du cou en forme de bienvenue.
Ca fait du bien d'entendre à nouveau les gens causer avec de l'envie dans les yeux, des désirs de temps à prendre, de temps à profiter.